Antagnod

Construire en pierre

La disponibilité du bois fut certainement un élément important, qui influença profondément le développement de l’architecture d’Ayas, mais d’autres facteurs contribuèrent également à la définition des modèles architecturaux.

La disponibilité du bois a certainement été un élément important, qui a profondément influencé le développement de l’architecture d’Ayas, mais d’autres facteurs ont également contribué à la définition des modèles architecturaux. Réélaboration graphique à partir du relevé de D. Marco, Modèles architecturaux et pratiques constructives entre le XVe et le XIXe siècle, dans C. Remacle, D. Marco et G. Thumiger, Ayas, hommes et architecture, Livres et Musique, Ayas, 2000.

La construction en maçonnerie fut autrefois un symbole d’aisance : une maison entièrement édifiée en pierre exprimait de manière éloquente les possibilités économiques de son propriétaire.

Une trentaine de millésimes du XVIe siècle gravés sur des maisons en pierre témoignent de la présence, entre le Moyen Âge et l’Époque moderne, d’une importante classe de propriétaires aisés. Des analogies avec d’autres constructions datées en Vallée d’Aoste laissent supposer que de nombreux édifices possèdent une structure antérieure, contemporaine des raccards du bas Moyen Âge, mais aucune datation directe ne vient le confirmer : l’usage de graver l’année de construction ne se diffuse à Ayas, comme dans le reste de la région, qu’à partir du milieu du XVIe siècle.

À côté de petites demeures en pierre à fonction uniquement résidentielle, suivant un modèle répandu dès la fin du Moyen Âge, on observe des bâtiments répondant à un schéma différent, avec des fonctions « concentrées » : de dimensions plus importantes, ils réunissent sous un même toit aussi bien les espaces de vie de la famille que ceux nécessaires aux activités agro-pastorales : étables, granges, greniers. Plusieurs riches demeures de ce type existaient déjà au XVIe siècle dans la vallée, à Ayas, Brusson et Challand, à une époque où ce modèle apparaissait encore rarement dans le reste de la région ; cette donnée, associée à l’observation d’un grand nombre de millésimes du XVIe siècle, laisse supposer pour cette partie de la seigneurie de Challant une prolongation de la période de prospérité qui caractérisa la Vallée d’Aoste à la fin du Moyen Âge.

La construction en pierre concerna vraisemblablement seulement une petite partie de la population ; dans certains cas, il s’agissait de personnalités importantes, représentants de la noblesse ou de la riche bourgeoisie : on peut penser à la maison dite « des Challant » à Antagnod, siège au XVe siècle du châtelain des Challant et propriété, en 1597, du notaire Thomas Merlet.

d’après D. Marco, Modèles architecturaux et pratiques constructives entre le XVe et le XIXe siècle, dans C. Remacle, D. Marco et G. Thumiger, Ayas, hommes et architecture, Livres et Musique, Ayas, 2000, texte fondamental dans toutes ses parties pour ceux qui souhaitent approfondir les aspects techniques liés à l’architecture d’Ayas.