Lignod
Les charbonnières
Les charbonnières
La transformation du bois en charbon se faisait dans des structures circulaires spéciales en bois avec une couverture conique recouverte de feuilles et de terre, appelées charbonnières, aménagées en de nombreux endroits. Les charbonnières pouvaient être construites aussi bien sur des terrains plats qu’en pente ; dans ce dernier cas, elles étaient soutenues par des murets en pierre sèche, comme ceux encore visibles près des sentiers dans la forêt au-dessus de Les Fiery.
Les opérations de construction de la charbonnière étaient très laborieuses et la transformation du bois en charbon pouvait nécessiter jusqu’à dix jours. Aujourd’hui encore, à la lisière des forêts et dans les clairières, il est possible d’en repérer les traces.
La Tcharbonéra (la Charbonnière) et Pratcharbón (Pracharbon) sont deux toponymes témoignant de cette intense activité à Ayas. À Pracharbon, en particulier, on produisait une grande quantité de charbon de bois utilisé pour la fusion du minerai de cuivre extrait d’une mine locale.
L’abattage des arbres dans les charbonnières offrait également l’occasion d’obtenir des substances curatives utilisées par la médecine populaire. Sous l’écorce des mélèzes, par exemple, se trouve une pellicule spongieuse de couleur blanche ou jaune, appelée pél dè tronc (peau de tronc), une résine sèche utilisée pour soigner les blessures et extraire les échardes.
Le charbon produit suffisait non seulement à couvrir les besoins locaux, mais, transporté en charrette jusqu’à Verrès, il était également commercialisé dans les différentes communes de la Vallée.
Bibliographie
S. Favre, Ayas. Antropologia di un territorio. Luoghi, leggende, storie, fatti, Priuli & Verlucca editori, 2020